Biographie de Jean Morel, vétéran du commando Kieffer en Normandie

Jean Morel

Troop 1
1er bataillon fusilier-marin commando
1st Special Service Brigade

Jean Morel, vétéran du commando Kieffer

Le vétéran Jean Morel en 2006.
Photo : DR

Biographie

Jean Morel est né le 27 septembre 1922 dans le 15e arrondissement de Paris. A l’âge de 17 ans, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, il se trouve à l’école des Mousses pour préparer son engagement dans la Marine nationale.
Formé en tant qu’opérateur radio, il refuse l’occupation allemande après la défaite française et le 2 juillet 1940, Jean embarque à bord du sablier “Pourquoi Pas” avec 31 de ses camarades et quitte le port de Carantec dans le Finistère. Atteignant Plymouth le 4 juillet, il se porte volontaire pour rejoindre les forces navales françaises libres, basées à Portsmouth. C’est ainsi qu’il sert à bord du patrouilleur auxiliaire “La Reine des Flots”, un ancien chalutier réquisitionné par la France Libre, puis à bord de l’aviso “Arras”.

A l’occasion d’une rencontre fortuite avec Philippe Kieffer à Portsmouth, qui lui propose de rejoindre la toute nouvelle unité française de commandos, Jean Morel se porte une nouvelle fois volontaire et réussi le redoutable stage de formation des commandos à Achnacarry en Ecosse. Sa formation initiale d’opérateur radio intéresse tout particulièrement Kieffer. Jean intègre ainsi la Troop 1 et participe au défilé du 14 juillet 1942 à Londres, durant lequel le 1er bataillon de fusiliers-marins commandos parade sous les yeux du général de Gaulle et de l’amiral Muselier lors de la fête nationale française. Il prend part aux préparatifs de plusieurs raids audacieux sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique (notamment pour détruire la base sous-marine de Lorient), qui lui valent de suivre la formation de parachutiste. Néanmoins, ces missions sont successivement annulées.

Le 5 juin 1944, Jean Morel et ses frères d’armes du n°4 Commando quittent la Grande-Bretagne à bord du chaland de débarquement n°527 et débutent la traversée de la Manche dans le cadre de l’opération Overlord. Le 6 juin, Jour-J, il participe à l’assaut de la première vague à Sword Beach face à Colleville-sur-Orne (aujourd’hui Colleville-Montgomery). Les explosions d’obus de mortier et de mines obligent les chalands à manœuvrer brusquement : Jean perd l’équilibre alors qu’il se prépare à descendre le long d’une passerelle en bois pour rejoindre la terre ferme. Chutant dans l’eau, lourdement chargé en équipements, il manque de se noyer entre les deux transports de troupes numérotés 523 et 527.
Perdant son arme dans l’eau, il traverse la plage sous le feu adverse et atteint le premier point de ralliement où les commandos français devaient déposer leur sac pour s’alléger avant de poursuivre la conquête de Ouistreham. Parvenant à récupérer le fusil d’un soldat blessé, il suit les combats de la Troop 1 le long de la côte, nettoyant les points d’appui allemand les uns après les autres. Il sert notamment d’estafette au commandant Kieffer, portant des messages entre la Troop 1 et la Troop 8 pendant les combats.

Jean Morel Commando Kieffer

Après Ouistreham, Jean Morel atteint successivement Bénouville et Ranville, après avoir traversé le Pegasus Bridge sous le feu. Il participe ensuite au combats d’Amfreville où les commandos français tiennent la ligne de front pendant plusieurs semaines, face aux escarmouches et aux tirs de l’artillerie allemande. Grièvement blessé par balles au ventre et à la jambe lors des combats de Bavent le 18 juillet 1944, il est évacué du front avec son béret vert et sa dague de commando dans les mains. Son état de santé ne lui permet néanmoins pas de réintégrer son unité ou de poursuivre les combats.

Après une longue période de convalescence, il est démobilisé à Cherbourg en 1946. Son retour dans la vie civile est marqué par la réalisation du multiples métiers tels que démineur ou électricien. Jean Morel ne retourna en Normandie qu’à compter de 1983, après une longue période durant laquelle son passé de commando est resté sous silence. Depuis, il a régulièrement participé aux commémorations du Jour-J.

Résidant à Saint-Malo, il a été élu “Malouin de l’année 2014” par le journal du Pays Malouin à l’occasion du 70e anniversaire du débarquement de Normandie. Le 15 septembre 2014, il a reçu les insignes d’Officier dans l’ordre de la Légion d’Honneur.

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