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L'attaque du Pegasus Bridge - Mardi 6 juin 1944 - Jour J La Bataille de Normandie - DDay-Overlord.com
   

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Pegasus Bridge - 6 juin 1944

Image : Le pont de Bénouville, Pegasus Bridge, en juillet 1944
Le pont de Bénouville, Pegasus Bridge, en juillet 1944

 
Lieu : Pont de Bénouville, Wn 13 Unité alliée : Image : 6ème Airborne Division D Co 2nd Oxf Bucks
Horaire : 00h25 - Jour J Unité allemande : 716ème division d'infanterie
Composition des planeurs britanniques Issue : victoire britannique

Préparations

L'ordre de mission, signé par le général Gale commandant la 6ème division aéroportée, était de "prendre intacts les deux ponts de l'Orne et le canal de Caen, à Bénouville et à Ranville... La prise de ces deux ponts, qui sera l'opération "Coup de Main" (en français dans le texte), repose essentiellement sur l'effet de surprise, la rapidité d'exécution et la détermination à vaincre. Il faudra s'attendre à une contre-attaque et tenir jusqu'à la relève". Le but de cette mission est qu'en capturant ces ponts, le flanc est de l'invasion est protégé car le seul passage entre Ouistreham et Caen pour traverser l'Orne et le Canal de Caen est situé entre les localités de Ranville et de Bénouville : ces deux villes sont les objectifs principaux de la 6ème division aéroportée britannique.

Jamais, probablement, une opération de commando n'avait été plus minutieusement préparée : deux ponts pratiquement identiques en Angleterre servent à entraîner une petite centaine de soldats tous volontaires sous les ordres du Major (commandant) John Howard. Cet entraînement, répété à de maintes reprises, est selon le Major Howard l'un des plus difficiles de l'armée britannique. Jim Wallwork, l'un des pilotes des trois planeurs Horsa qui prend part à l'assaut, contenant environ 29 soldats avec leur équipement, raconte : "Nous avions effectués de nombreux exercices d'atterrissages, certains en condition normale de jour, de jour toujours mais avec les vitres teintées, et enfin pendant la nuit".

Déroulement de l'attaque

Cette opération a lieu dans les premières heures du 6 juin 1944, vers 0 heures 25.

Six planeurs, aux ordres du Major John Howard, font route dans la nuit vers le canal de l'Orne. Les trois planeurs chargés du pont de Bénouville - surnommé "Pegasus Bridge" (le "Pont Pégase") pour l'occasion du fait du surnom de la 6ème division : Pégase - se posent à moins de 50 mètres du pont : encore mieux qu'à l'exercice !

La surprise est totale. Les bombardiers qui tractent les planeurs, faisant évidemment du bruit, sont repérés par les sentinelles allemandes bien avant que les planeurs n'atterrissent, mais les fantassins de la Wehrmacht ne savent pas que les avions alliés tractent des planeurs. Pour camoufler l'opération, les avions alliés à moteur bombardent une usine de ciment située quelque kilomètres plus au sud des objectifs de la 6ème division aéroportée britannique. Ainsi, les Allemands pensent que les avions ne survolent le secteur que pour bombarder la cimenterie. La jeune sentinelle d'origine slave et à peine âgée de 17 ans entend pourtant un bruit sourd et étrange à quelques dizaines de mètres à l'est du pont. Ce soldat se dit à lui-même : "c'est sûrement un des bombardiers qui s'est écrasé près du pont, il a été descendu par l'artillerie anti-aérienne de Caen".
Le soldat reste ainsi quelques minutes à regarder dans la nuit noire en direction de ce qu'il croit être l'épave d'un bombardier, se disant que peut-être un des pilotes aura survécu. Mais en surface, rien ne bouge : les soldats britanniques, sonnés, émergent des planeurs et après une légère attente, s'infiltrent dans les blockhaus, protégeant les accès au pont, sans faire de bruit et y égorgent les quelques soldats allemands endormis. La sentinelle du pont recommence à effectuer ses cent pas, sans imaginer ce qu'il se passe à moins de dix mètres de lui.

Dans un des bunkers souterrains où dorment les quelques fantassins allemands, certains se réveillent à cause de bruits étranges. Et lorsque l'un d'entre eux sort de son dortoir pour rejoindre le couloir d'accès illuminé par la faible lumière des ampoules, il découvre des soldats ennemis, accroupis, avançant lentement dans sa direction. Les commandos britanniques n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leurs mitraillettes Sten. Les canons des armes automatiques crépitent et l'allemand tombe, mort. Mais l'alerte est donnée, le coup de feu ayant servi d'alarme.

Des fusées éclairantes sont lancées, la panique chez les Allemands est complète. Ils tirent dans toutes les directions tandis que les Britanniques traversent le pont, à couvert de fumigènes. Ils lancent des grenades au phosphore dans les nids de mitrailleuses qui explosent presqu'aussitôt.

Les Anglais récupèrent l'engin de mise à feu du pont, situé dans un des bunkers souterrains, et le mettent à l'abri - cet engin, les Allemands n'ont jamais voulu l'utiliser pour détruire le pont, au contraire, leur devoir était de protéger de le protéger . Celui-ci ne risquait rien finalement rien ! Le pont de Bénouville est pris en 10 minutes mais un officier est tué, le lieutenant Brotheridge, et le commandant Howard craint une contre-attaque allemande. Le pont de Ranville est pris aussi rapidement par les équipages de deux planeurs, se posant à 150 mètres de leur objectif. Le troisième s'est posé à douze kilomètres, dans le Bois de Bavent.

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Le message de la victoire "Ham and Jam" (en français "jambon et confiture" : "ham" indiquant que les Britanniques se sont rendus maîtres des lieux et "Jam" que les deux ponts sont intacts) est immédiatement envoyé aux bateaux alliés après l'attaque par l'intermédiaire d'un pigeon voyageur.

Pour le Major Howard et ses hommes, c'est une longue nuit qui commence.

Tenir toute la nuit

Il y avait, stationnées dans les villages aux alentours, plusieurs unités motorisés allemandes. Ayant entendu des explosions et des tirs (et alertés par la présence de parachutistes alliés annoncée dans les états-majors en Normandie), les Allemands sont venus inspecter les environs mais sans jamais s'approcher du pont : en effet, ils savaient qu'était organisé la nuit même un entraînement avec cartouches à blanc pour les hommes chargés de la défense du pont. Ils ont confondu la fusillade avec un entraînement. Seul un char prit la route de Bénouville et se présenta devant les parachutistes britanniques : ces derniers le détruisent avec le seul P.I.A.T. ("Projectil Infantry Anti Tank", un lance-roquettes britannique) en leur possession. Mais, étrangement, aucun autre char ne vient les déranger pendant le reste de la nuit.

Les civils, eux-aussi, avaient été pour la plupart informés qu'un exercice était organisé par les Allemands aux alentours du pont. Le thème était : défense du pont contre un commando ennemi parachutiste. Mais cet exercice avait été annulé quelques heures auparavant.

Maurice Chauvet, vétéran du 1er bataillon fusiller marin commando de la France Libre raconte : "Louis Picot , étant propriétaire d'un des cafés les plus proches du pont, (à l'époque "La Chaumine" et à l'emplacement de l'actuel bar-restaurant "Les 3 planeurs"), est sorti pour connaître les raisons de ces tirs à quelques mètres de sa maison. Tout-à-coup une rafale part, le Normand s'effondre, mort, touché par un allemand".

A l'aube, alors que plusieurs parachutistes britanniques s'étant perdus dans le secteur ont rallié la position d'Howard, une canonnière allemande fuyant Ouistreham pour rejoindre Caen apparaît : presque sans hésitation, les Britanniques font lever le pont et le bâtiment de guerre passe avant d'être pris à partie par les parachutistes : il s'échoue sur la rive quelques centaines de mètres plus loin. Mais les Anglais ne sont pas aux bouts de leurs peines : à 10 heures, alors que le débarquement a commencé et que les Allemands ont pris conscience du rôle stratégique du pont, il décident de le détruire par une attaque aérienne : un Junker 88 parvient à larguer sa bombe qui ricoche sur le pont sans exploser et tombe dans le canal.

Jonction avec les troupes débarquées

Le lendemain, vers midi, les Français débarqués le matin sur Sword Beach, accompagnés par des soldats britanniques commandés par Lord Lovat - ce dernier accompagné du célèbre joueur de cornemuse, Bill Millin - effectuent la jonction à 13 heures 32 minutes avec les hommes d'Howard en ayant 2 minutes 30 secondes de retard sur l'horaire prévu, ce dont Lovat prend la peine de s'excuser.

Alors qu'il traverse le pont où des fumigènes ont été envoyés, le radio Mullen, un membre du Commando Kieffer ayant débarqué à Sword le matin, entend une balle ricocher juste derrière lui sur la structure du pont. Lorsqu'il se retourne, il aperçoit dans la fumée un de ses amis blessé (ce soldat meurt quelques instants plus tard à la suite de cette blessure) par la balle d'un tireur isolé, un sniper allemand. Il s'abaisse pour l'aider mais il est touché à son tour par un sniper et s'écroule, sans vie. Ses frères d'armes, notamment Maurice Chauvet, ont souhaité poser une plaque commémorative sur le pont Pegase que l'on peut voir actuellement dans le musée Mémorial Pegasus Bridge de Bénouville.

Bilan

Deux parachutistes dont un officier sont morts lors de l'assaut des ponts de Bénouville et Ranville. La mission est remplie pour Howard qui a effectué sa jonction avec les troupes débarquées et confie la protection de ses objectifs au régiment du Warwickshire. Ils quittent ensuite la position pour rejoindre la localité d'Escoville.

C'est une attaque qui semble "parfaite" mais qui en fait de perfection, a bénéficié d'une chance miraculeuse. En effet, si l'opération est une réussite totale, c'est notamment grâce à une série de circonstances imprévisibles (le fameux brouillard de la guerre de von Clausewitz) qui ont toutes jouées en faveur des Anglais. La prise de ce pont a permis aux Alliés de protéger le flanc est de leur tête de pont des attaques allemandes les semaines suivantes.

 

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