Les
missions
Les
82ème
et 101ème
divisions aéroportées américaines sont désignées
pour être parachutées le Jour J dans la heures précédants
l'offensive amphibie, à l'Ouest du secteur d'invasion Allié,
précisemment à l'Ouest et au Sud-Ouest de Utah
Beach, située dans le Cotentin.
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Dans
la soirée du 5 juin 1944, ces paras américains
de la 82ème vérifient leurs équipements.
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Les
Allemands ont inondé une grande partie des terres allant
du Sud de Valogne jusqu'aux localités de Carentan et d'Isigny-sur-Mer.
La plage de Utah, où doivent débarquer les soldats
américains appartenant à la 4ème Division
d'Infanterie, est en fait isolée par un rempart de marécages,
est n'est accessible depuis l'intérieur des terres que
par quatre routes étroites. La principale mission des parachutistes
américains est de capturer ces voies d'accès, appellées
"Causeways" lors des briefings, dans les premières
heures du 6 juin afin de permettre aux troupes débarquer
de progresser rapidement vers l'Ouest.
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Les
différentes "Causeways" qui relient Utah
Beach à l'intérieur des terres. |
Pour
rejoindre les régions Ouest de la Douve et du Merderet,
elles-aussi protégées par des marais allant de un
à trois kilomètres de large, seuls deux ponts, situés
à proximité de la localité de Chef-du-Pont.
Ces deux structures doivent être également contrôlées
par les parachutistes, qui doivent en défendre les accès
jusqu'à l'arrivée des troupes débarquées
provenant de Utah Beach.
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Embarquement
de parachutistes dans un avion Douglas C-47 le 5 juin 1944
au soir. |
Plusieurs
villages, comme Sainte-Mère-Eglise, et des points stratégiques
(noeuds de communication, hauteurs, etc) sont les objectifs d'autres
parachutistes américains.
Les
paras de la 82ème Airborne doivent se poser sur trois zones
de "droppage" : le 505ème régiment parachutiste
doit atterrir au Nord-Ouest de Sainte-Mère-Eglise, le 507ème
régiment parachutiste au Nord d'Amfreville, tandis que
le 508ème devra se poser au Sud d'Amfreville.
Les soldats de 101ème Airborne doivent, quant à
eux, être parachutés à l'Est des hommes de
la 82ème : ils disposent également de trois "Drop
Zones" ("points du chute"), situés à
l'Ouest de Saint-Martin-de-Varreville, à l'Ouest de Sainte-Marie-du-Mont
et au Sud de Vierville.
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Ce
soldat américain de la 82ème Airbone embarque
avec plus de 40 kilos d'équipement à bord d'un
C-47. |
L'état-major
américain émet des réserves sur les chances
de réussite de cette opération aéroportée
: les points du chute des parachutistes sont encerclés
par de nombreux marécages : la moindre erreur de largage
entraînera sans aucun doute des pertes très lourdes.
Trafford Leigh-Mallory, commandant en chef des forces aériennes
alliées dans le cadre de l'Opération Overlord, indique
que les prévisions les plus pessimistes de pertes atteignent
les 80 % des forces déployées...
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Parachutistes
américains à bord d'un avion Douglas C-47.
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Décollage
des avions
Dotés
de leur parachute de type T.S. et avec près de 40 kilos
d'équipement répartis sur le corps, 13 000 parachutistes
américains des 82ème et 101ème Airborne embarquent,
peut avant minuit le 5 juin 1944, à bord de 1087 avions
Douglas C-47. Les appareils prennent ensuite la direction de la
Bretagne, survolent la mer à quelques kilomètres
au Nord des îles Guernesey et Jersey, tandis que des bombardiers
Stirlings britanniques parachutent dans la zone de Granville (Sud
du Cotentin) des milliers de lamelles en papier aluminium, surnommées
Windows, renvoyant des échos radars identiques à
ceux des avions. Les Allemands voient ainsi sur les écrans
radar des milliers d'appareils survolant le Cotentin, alors que
le nombre réel d'avions ne dépasse pas les 1500.
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Parachutistes
américains appartenant à la 101ème Airborne
à bord d'un Douglas C-47.
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Pendant
la durée du survol du Cotentin (selon un axe Nord-Ouest
- Sud-Est), les Douglas C-47 sont accueillis par des tirs nourris
de la FLAK allemande (défense anti-aérienne) qui
sème le désordre parmi les escadrilles d'avions
parachuteurs. Des dizaines d'appareils sont touchés et
explosent en vol. D'autres s'écrasent au sol, le plus souvent
avant que les parachutistes n'aient eu le temps de sortir. Des
pilotes rompent les formations et décident de mettre le
voyant vert en marche avant même que les "Drop Zones"
ne soient atteintes.
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Parachutistes
américains à bord d'un avion Douglas C-47.
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Ainsi,
de nombreux parachutistes se retrouvent à plusieurs dizaines
de kilomètres de leurs objectifs. D'autres soldats, moins
chanceux encore, tombent dans les marécages et s'y noient.
Certains parachutistes se sont noyés par moins d'un mètre
d'eau, étant extrêmement chargés. John Taylor,
parachutiste appartenant à la 101ème Airborne Division,
raconte : "ceux qui ont sauté du C-47 avant moi
se sont noyés dans un marécage, tout comme ceux
qui ont sauté après moi. De mon côté,
j'ai atterri sur une fine bande de terre de quelques mètres
de large qui traversait les marais."
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Ce
parachutiste de la 82ème Airborne s'est noyé
par moins d'un mètre d'eau dans les marais. |
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de page
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Une fois au
sol, les paras américains des 82ème et 101ème
se mettent immédiatement en route vers leurs objectifs, quand
ils parviennent à se repérer. John Taylor a perdu
sa boussole pendant le saut, il raconte comment il s'est repéré
dans la nuit noire : "Lors des briefings, j'avais repéré
que les avions qui nous parachutaient traversaient la péninsule
du Cotentin selon un axe Nord-Ouest - Sud-Est. Une fois au sol et
ma boussole perdue, j'ai observé les trajectoires empruntées
par les Douglas C-47, j'ai ainsi repéré le Nord et
je me suis mis en route vers mon objectif."
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Dans
les premières heures du 6 juin 1944, les parachutages
se poursuivent. |
Un
désordre général
Plus de 75 %
des parachutistes n'ont pas été parachutés
à l'endroit initialement prévu et cette terrible réalité
entraîne une désorganisation totale des forces aéroportées
américaines qui n'interviennent plus qu'au moyen de poignées
d'hommes qui tentent héroiquement d'accomplir leur mission.
Ce désordre
général entraîne une série d'accrochages
imprévus dans tout le Sud-Est du Cotentin : les Allemands,
impressionnés par le nombre d'escarmouches en cours, limitent
leurs interventions et sont, eux aussi, désorganisés,
leurs unités étant accrochées à divers
endroits par une force dont la puissance de feu et l'effectif est
encore inconnu.
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Un
planeur Waco s'est posé sans encombre le Jour J au milieu
d'un champ occupé par des vaches. |
Des petits groupes
de parachutistes s'organisent et se dirigent vers leurs cibles,
ramassant en chemin les soldats américains isolés
qui ont perdu tout contact avec leur propre section. La 101ème
airborne division a été parachutée sur une
surface globale de près de 40 kilomètres sur 15.
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Ce
planeur Waco a été détruit lors de son
atterrissage. |
De nombreux
planeurs américains Waco, transportant des hommes et du matériel,
se posent également dans le Sud-Est du Cotentin, mais la
visibilité et les conditions météorologiques
gênent considérablement les opérations : de
nombreux planeurs s'écrasent contre des haies ou des maisons
Normandes, les pertes sont catastrophiques.
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Un
planeur s'est écrasé. 8 soldats américains
ont été tués au moment du crash. |
Sainte-Mère-Eglise
Les parachutistes
américains ont été éparpillés
dans tout le Sud-Est du Cotentin, et très rares sont les
sections qui sont parvenus exactement à l'endroit où
elles devaient atterrir. La "Drop Zone" des paras appartenant
au 505ème régiment de la 82ème Airborne est
encerclée au Nord, au Sud et à l'Ouest par un marécage,
et à l'Est par Sainte-Mère-Eglise : de nombreux paras
atterrissent dans le village et se transforment en cibles mouvantes
pour les soldats allemands qui, alertés par un incendie provoqué
par l'explosion d'une bombe incendiaire, scrutent le ciel.
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A
Sainte-Mère-Eglise, les parachutistes américains
nettoient les poches de résistances. |
Une petite dizaine
de soldats américains se posent sur la place de l'Eglise
et sont abattus par les sentinelles. Le parachutiste John
Steel, s'accrochera malgré lui au cloché de l'église,
et il y restera durant plus de deux heures, jusqu'à ce que
le village soit en grande partie sous contrôle américain
: après de courts mais violents combats, la bannière
étoilée est installée à la Mairie aux
alentours de 4 heures du matin par des hommes appartenant au 505ème
régiment parachutiste : la localité de Sainte-Mère-Eglise
est enfin libérée, mais les combats n'y sont pas entièrement
terminés.
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Un
parachutiste américain, Elmer Habbs, protège l'accès
à Sainte-Mère-Eglise. |
Les accrochages
vont se poursuivre pendant toute la durée de la nuit et au
petit matin du Jour J, les parachutistes américains entendent
les détonations des bombardements effectués par les
bâtiments de guerre de l'Armada alliée : le Débarquement
va bientôt commencer.
Bilan
Malgré
un nombre extrêmement élevé de pertes (plus
de 50% dans la seule nuit du 6 juin 1944), les parachutistes américains
des 82ème et 101ème Airborne accomplissent un grand
nombre des missions qui leur ont été confiées.
Les Allemands, désorganisés par les parachutages aléatoires
américains, ne savent plus où donner de la tête
et apparaissent également comme totalement désorientés,
et ne sont pas capables de contre-attaquer. De plus, les actions
de sabotage effectués par la résistance française
renforce ce phénomène de désordre qui paralyse
les forces allemandes dans ce secteur. Les "Causeways"
sont globalement sous contrôle américain : le Débarquement
peu commencer.
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Des
parachutistes américains se renseignent auprès
d'un civil normand. |
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